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Du nouveau sur l’asthme grâce à l’équipe du professeur Pelletier |
Vers un nouveau traitement pour l’asthme ?
L’asthme et ses symptômes sont liés à une réaction excessive du système immunitaire, habituellement en charge de la défense de l’organisme. L’équipe de Lucette Pelletier et Jean-Charles Guéry, unité Inserm/UPS 563 « Centre de physiopathologie Toulouse Purpan », vient, en comprenant mieux la raison de ce dérèglement, de cerner un mécanisme pouvant faire l’objet d’une application thérapeutique.
Quel est le mécanisme de l’allergie ?
Lucette Pelletier : Les allergies, qu’elles soient cutanées, alimentaires ou respiratoires sont provoquées par une réponse excessive, un véritable « emballement » du système immunitaire. Les lymphocytes T sont les acteurs clefs et les véritables chefs d’orchestre de cette réaction, ici exagérée.
Peut-on théoriquement lutter contre cette réponse excessive ?
L.P. : Le calcium, élément essentiel à l’activation de ces cellules est capté par l’intermédiaire de « canaux calciques », implantés dans la paroi des lymphocytes. En conséquence, trouver des inhibiteurs de ces canaux calciques, permettrait, en les régulant, de contrôler l’ensemble de la réaction immunitaire dans des maladies où ils sont anormalement suractivées (maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques, allergies…).
Est-ce les mêmes phénomènes dans le cas de l’asthme ?
L.P. : Dans le cas de l’asthme, c’est une certaine catégorie de lymphocytes T, les « Th2 », normalement chargés de coordonner la réponse contre les parasites, qui est impliquée. Notre équipe a identifié un type de canaux calciques présent seulement dans ces Th2 et dont l'activation est nécessaire aux fonctions de ces derniers. On a ensuite cherché à trouver une solution permettant de neutraliser de manière sélective ces canaux, afin de pouvoir traiter spécifiquement des maladies allergiques sans modifier le fonctionnement de l’ensemble du système immunitaire.
Résultat ?
L.P. : On a introduit in vitro, dans des Th2, un brin d’ADN s'hybridant spécifiquement à l'ARNm , molécule intermédiaire entre l’ADN et les protéines codant pour ces canaux calciques. Cette séquence d'ADN courte, appelée « anti-sens », s'est avérée capable de diminuer de façon importante la quantité de canaux présents dans les Th2. Concrètement, elle rend ces cellules incapacables de s'activer. De façon remarquable, le même ADN anti-sens administré in vivo par voie intranasale s’avère également très efficace chez la souris asthmatique.
Quels sont vos prochains objectifs ?
L.P. : La prochaine étape consiste à appliquer cette thérapie chez l’homme. Pour cela, nous devrons dans un premier temps montrer que les Th2 humains expriment ces canaux calciques particuliers. Par la suite, il faudra adapter la stratégie utilisée chez la souris chez l’homme. C'est-à-dire, déterminer des séquences anti-sens capables d'inhiber la fonction des Lymphocytes Th2 humains. Une fois ces caps passés, cette application thérapeutique pourrait finalement être envisagée non seulement dans l’asthme mais encore dans d'autres pathologies de type allergiques.
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